Quelques pathologies en bref, pour mieux comprendre...
N'hésitez pas à consulter notre FAQ, complèmentaire de cette page, et compilant des questions et idées reçues récurrentes.
Maladies oculaires héréditaires canines :
L'atrophie progressive de la rétine, APR :
Cette maladie oculaire existe sous différentes formes, l’une d’entre elles, la forme concernant l’Australien, est appelée APR-prcd pour "Progressive Rod Cone Degeneration" ou encore rétinite pigmentaire.
La rétine est la membrane qui forme la doublure du fond de l’oeil et qui est composée de cellules sensibles à la lumière (composée des bâtonnets et des cônes). Cette maladie conduit à une perte de vision progressive puis à une cécité totale entre 2 et 8 ans.
L'APR-PRCD est due à un gène autosomal récessif. Elle se déclare plus généralement chez des chiens de quelques années (4 ans en moyenne). Un chien portant une copie mutée de ce gène présente 0,5% de probabilités de déclarer la maladie (et transmet ce gène à 50% de sa descendance statistiquement), s'il porte deux copie mutée la probabilité est de 100% (et transmet le gène à toute sa descendance).
L'anomalie de l'oeil du colley AOC :
Ou hypoplasie choroïdienne.
La choroïde (tissu vasculaire sous rétinien) se développe anormalement à des grades divers :
Grade 1 et 2 : lésions mineures à moyennes, sans évolution ni atteinte de la vision.
Grade 3 et 4 : lésions graves, évolutives avec atteinte de la vision (colobome, décollement de la rétine, hémorragie intra-oculaire).
Dans une même lignée, les chiens peuvent êtres touchés par n'importe quel grade de la maladie.
L'AOC est due à un gène autosomal récessif. Un chien portant une copie mutée de ce gène ne développera pas la maladie (et transmet son gène muté à 50% de sa descendance statistiquement), un chien portant deux copies mutées développera la maladie (et transmettra la mutation à 100% de sa descendance).
La cataracte héréditaire :
La cataracte héréditaire est polygénique.
Depuis 2009 un de ses gènes a été identifié le gène «?HSF4?» dont la mutation augmente 12 fois le risque d'un chien porteur de développer une cataracte héréditaire. Ce gène est autosomique dominant à pénétrance incomplète ce qui signifie qu'une seule copie mutée suffit à déclencher la maladie mais qu'un chien porteur de la mutation ne développera pas obligatoirement de cataracte héréditaire.
Une étude menée sur une cohorte de 400 aussies atteints d'une cataracte bilatérale à conclue que 83% d'entre eux portaient la mutation du gène HSF4. Ce qui signifie que pour les 17% restants l'origine héréditaire émane d'une autre mutation qui n'a pas été localisée à aujourd'hui.
Un chien porteur de deux copies mutées du gène HSF4 le transmettra statistiquement à 100% de sa descendance et tous seront a risque augmenté de développer une cataracte héréditaire. Un chien porteur d'une copie mutée la transmettra statistiquement à 50% de sa descendance et ces 50% seront à risque augmenté de développer une cataracte héréditaire. Mais surtout, un chien porteur de deux copies mutées develeppera lui-même une cataracte dite «?nucléaire?» et celle-ci mène immanquablement a la cécité.
En travaillant avec cohérence, nous pourrons diminuer significativement le nombre de porteurs de cette mutation, mais nous sommes actuellement incapables d'éviter les cataractes juvéniles.
Dysplasie :
Il est aujourd'hui certain que la dysplasie est une maladie polygénique qui peut être influencée par l'environnement. Si elle est si difficile à endiguer c'est que son déterminisme génétique est hautement complexe et une lignée de chiens non atteint depuis des générations pourra tout de même donner naissance à des chiots dysplasiques car chez ces individus, par malchance, tous les gènes mutés s'exprimeront. De plus, il est prouvé que de nombreux facteurs environnementaux interviennent.
MDR 1 :
Le gène MDR 1 est autosomique. Un chien porteur d'une mutation est potentiellement sensible à ces médicament et la transmettra statistiquement à 50% de sa descendance. Un chien porteur de deux copies de la mutation sera sensible à ces médicament et 100% de sa descendance sera potentiellement sensible (si l'autre parent ne porte aucune mutation).
Tout éleveur sérieux saura vous remettre un listing exhaustif des médicaments incriminés. Faites en bon usage : conservez le dans le carnet de santé de votre chien et présentez le à votre vétérinaire à chaque consultation.
Le MDR1 est interessant au titre de la médicalisation de votre chien, les molécules et posologies pouvant etre adaptées par votre vétérinaire selon la sensibilité de votre compagnon.
Quid des nouveaux tests ?
L'interêt de tester une mutation génétique doit être évalué par sa fréquence au sein de la race, son expression, son retentissement et l'application que chacun en fera dans son programme d'élevage et de sélection.
"Rien ne sert de courir, il faut partir à point", "Rien ne sert de tester, il faut sélectionner avec discernement".
Actuellement le test de la Myélopathie Dégénérative "MD" fait grand bruit. Outre la rareté de la mutation dans la race, son caractère autosomique récessif, l'âge avancé d'apparition de la maladie. Ce test détermine un risque augmenté, ne pose pas un diagnostique. devons nous mettre une épée de damocles au dessus de notre chiot et passer 10 ans dans l'inquiètude au lieu de profiter de l'instant ?
A ce jour nous prenons le parti, en toute conscience, de ne pas tester nos chiens avec des tests qui ne nous apparaissent pas interessant pour le bien être et la sélection de nos chiens et de la race.